L’intelligence artificielle va-t-elle remplacer le service RH ?

Par Emilie - le mer 21 Fév 2018

Les robots et algorithmes prennent de plus en plus de place dans la vie des entreprises. Le service RH en bénéficie également. Les Chatbots font leur apparition, permettant aux RH de délivrer aux collaborateurs un service continu de réponses à leurs questions quotidiennes. L’automatisation, permise par le développement de l’intelligence artificielle, libère les responsables RH des tâches redondantes pour leur permettre de se concentrer sur des activités à plus forte valeur ajoutée. L’analyse prédictive, quant à elle, permet d’anticiper les besoins futurs en compétences et donc de planifier des recrutements ou des formations internes.

Nouvel outil au service de l’entreprise, l’intelligence artificielle trouve sa place dans de nombreux processus. Mais comment tout cela va-t-il évoluer dans le temps ?

Quels sont les bénéfices de l’intelligence artificielle pour les Ressources Humaines et les collaborateurs des entreprises ?

50% des sociétés ayant intégré l’IA jugent qu’elle leur ouvre de nouvelles perspectives stratégiques qui ne sont pas encore disponibles aujourd’hui. En effet, les algorithmes et la capacité de calcul des intelligences artificielles leur permettent l’analyse à grande échelle de flux importants de données. Ces résultats servent ensuite de base à l’anticipation des besoins futurs (humains et matériels) de l’entreprise, et donc à la définition de sa stratégie à long terme. C’est d’ailleurs l’utilisation dominante de l’IA à l’heure actuelle.

60% des entreprises faisant appel à l’intelligence artificielle y ont recours pour automatiser les tâches répétitives. En matière de ressources humaines, l’intelligence artificielle est en mesure d’alléger des processus administratifs tels que la paie, le onboarding, la formation ou les premières étapes du processus de recrutement (diffusion d’annonces, tri des candidatures, identification des profils internes ou externes pertinents par rapport aux compétences recherchées, …).

L’intelligence artificielle trouve aussi sa place dans la formation interne des salariés. Les technologies immersives, telles que la réalité virtuelle ou les serious games, développent les compétences des collaborateurs en leur offrant une expérience de formation interactive en prise directe avec la réalité de leurs missions. Ludique et innovante, l’IA devient ici un levier important dans l’engagement et la fidélisation des collaborateurs.

Quelles sont les limites de l’intelligence artificielle à ce jour ?

Les limites du développement de l’intelligence artificielle consistent moins en des problèmes technologiques qu’en des freins éthiques. Peut-on laisser une machine dicter les choix des humains ? Doit-on volontairement limiter les capacités de certaines formes d’intelligences artificielles pour qu’elles n’interfèrent pas de manière délétère sur le pouvoir de décision humain ? Autant de questions qui se posent d’ores et déjà aux développeurs et aux comités d’éthique mondiaux.

L’intégration de l’IA au monde de l’entreprise se heurte aussi à des problèmes plus concrets, comme de lourds investissements budgétaires, le manque d’infrastructure informatique ou l’absence de personnel qualifié pour la mettre en œuvre au quotidien.

Enfin, même si l’intelligence artificielle s’améliore au contact de ses utilisateurs, les entreprises ont encore du mal à surmonter l’idée que cette technologie est toujours neuve et n’a donc pas encore fait toutes ses preuves.

Quelles sont les évolutions à attendre pour demain ?

L’étude intitulée “L’intelligence artificielle pour les entreprises”, réalisée par le spécialiste Vanson Bourne et publiée en octobre 2017, montre bien la phase d’expansion actuelle de l’IA. Selon ce vaste sondage international :

  • 80% des entreprises investissent déjà dans une forme d’IA aujourd’hui ;
  • 30% des entreprises prévoient d’étendre leur investissement en IA dans les 36 prochains mois ;
  • et 62% espèrent embaucher un responsable de département IA dans le futur.

Autre conclusion de cette étude, les entreprises européennes se placeront en tête de l’utilisation de l’IA à l’échelle mondiale, dans l’automatisation des tâches et des procédures répétitives.

D’un point de vue technologique, les algorithmes couplés aux dernières avancées techniques permettront d’affiner l’analyse globale livrée par l’intelligence artificielle. En témoignent les promesses d’entretiens d’embauche augmentés de la société Experis. Celle-ci a présenté au salon Microsoft Experiences17 en octobre dernier une "e-recruteuse" qui, grâce à une caméra Kinect et un micro, analyse les gestes, les attitudes et le ton de la voix d’un candidat pour en évaluer les aptitudes.

Pourra t-elle remplacer le service RH ?

L’intelligence artificielle ne doit pas être perçue comme un monstre froid s’apprêtant à prendre le pouvoir, mais plus simplement comme un ensemble de techniques qui permettent aujourd’hui d’aller plus loin dans le traitement des données. Le but est d’affranchir des tâches les plus pénibles et redondantes les professionnels, pour leur faire gagner en productivité et en confort de travail.

Libérés des tâches chronophages à faible valeur ajoutée (tri des CV, gestion des paies, diffusion multicanale d’annonces de recrutement…), les responsables RH retrouvent le temps nécessaire pour se recentrer sur leur cœur de métier : le capital humain de l’entreprise et son bien-être.

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